Les Synesthètes

06 | Feb | 2010

atelier synesthètes

L'atelier des Synesthètes est joué avec Christelle Vogt le 18 janvier 2010 avec des étudiants en brevet de technicien supérieur en communication visuelle, option multimédia, en première année, à Illkirch-Graffenstaten.

 

Il est tout d'abord demandé aux étudiants de donner une couleur pour chaque voyelle. La question est posée sur quelques consonnes. En partageant les réponses, nous nous constatons à la fois des récurrences fortes dans le groupe, mais également de la diversité. Une dominante est donnée, des alternatives existent.

Nous nous souvenons du poème de Rimbaud et sa propre proposition d'équivalences : "A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu "

Un tableau d'équivalences est alors tenté. C'est un tableau à double entrée, en abscisse, un son, une image, une odeur, un goût, une matière. En ordonnée, la même chose. La diagonale est barrée. Le tableau est vide, il doit le rester pour le moment. 

Nous décrivons les paramètres de 2 formats afin de définir les critères sur lesquels les équivalences vont pouvoir jouer.

Un son est du temps en secondes, une fréquence en hertz, une puissance en décibels.

Une image est de l'espace en mètres, une couleur en nanomètres, une lumière en lux.

Une matière est du relief en millimètres, un poids en grammes, une température en degrés.

Entre autre.

Le jeu est centré sur ces critères.

 

5 couleurs sont alors projetées afin d'être retranscrites en un motif dans de l'argile.

1.JAUNE

2.ROUGE

3.VERT

4.BLEU

5.ROSE

Puis, 5 mots sont donnés :

6.ARBRE 

7.EAU

8.VILLE 

9.CORPS 

10.FOULE

 

Le travail est ensuite reproduit avec 10 sons joués à l'harmonica.

11.son court

12.son long

13.son très long

14.son montant

15.son descendant

Puis de simples notes permettant un travail de trames et d'indication chromatique :

16.note 1 basse 

17.note 2 plus haute

18.note 3 plus haute

19.note 4 très haute

20.note 5 très basse

 

Des récurrences entre les motifs peuvent être notés.

 

Un troisième temps permet aux synesthètes de toucher et manipuler des échantillons de matières afin de lui définir un équivalent coloré et sonore.

Les matières sont manipulées à l'aveugle, dans un sac ou une boîte.

 

De fortes récurrences apparaissent dans les matières manipulées.

Ainsi, la plaque de métal est blanche, grise, transparente avec un son court et aigu. 

La fourrure est brune avec un son faible, doux et long de souffle.

Le bois est brun, orange, avec un son grave, grésillant et rythmé.

La plante est verte, bleue, orange, avec un son tressautant de frottement.

Le cuir est ocre et vert foncé, avec un son irrégulier et feutré.

Le papier-bulle est gris, transparent, avec un son grésillant et crépitant.

La feuille plastique est transparente et insonore.

 

 

Les synesthètes travaillent enfin à la retranscription d'outils de manipulation et retouche d'image et de son pour le développement d'une interface tactile. Ils commencent par définir 5 outils à retranscrire parmi l'outil de sélection, de défilement, de copie, de collage, de duplication, de tampon, de remplissage, de zoom, de torsion...

Chaque groupe travaille à la définition de textures et matières traduisant ces fonctions, puis développent les gestuelles associées.

Il en ressort les propositions de :

lisser avec le doigt une texture striée afin d'estomper.

manipuler une poudre granuleuse pour brouiller une image.

travailler une fourrure, la dresser, la rabattre, l'incliner, pour gérer les niveaux de gris.

déformer une bande en accordéon en guirlande pour tordre, pour déformer, étirer une image.